Déclaration du Comité
central d’entreprise à l’Assemblée Générale de l’AFPA du 22JANVIER 2010
Mesdames,
Messieurs les administrateurs, Monsieur le Président,
Voila
maintenant plus de deux ans que nous vous interpellons. Nous attendons de cette
instance, pour toutes ses composantes qu’elle prenne ses responsabilités et
qu’elle s’engage concrètement face aux enjeux que l’AFPA va devoir affronter.
Nous attendons qu’elle soit porteuse d’un avenir de développement de
l’Association.
Aujourd’hui,
le constat que nous faisons, c’est que le personnel n’a pas été entendu. C’est
une AFPA en régression que vous gouvernez.
Au
mois de juin de cette année, lors de l’Assemblée générale, nous vous alertions
sur la perte de 200 formateurs en 2008.
200
formateurs, c’est de la production en moins. Ce sont entre 20 et
30 Millions d’€uros de chiffre d’affaires perdus !
En
2009, 200 emplois de formateurs sont à nouveau perdus et s’ajoutent à ceux de
l’année précédente.
En
deux ans, c’est l’équivalent de 8 millions d’heures de formation que l’AFPA
n’aura pas produite ! Alors que dans le pays, avec la crise et la
perspective d’une sortie de crise, les besoins sont immenses !
Le
22 décembre, le président dans son intervention a demandé que l’AFPA se mette
en situation de faire face à la concurrence et de répondre aux marchés.
Mais,
dans le même temps, le projet de plan stratégique prévoit une diminution très
importante des effectifs, dont 500 emplois de structure et 500 formateurs,
auxquels s’ajoutent les 900 personnels de l’orientation qui vont quitter l’AFPA.
Le
projet de budget 2010 et le plan d’action 2010 sont la mise en œuvre anticipée
du projet de plan stratégique. Ce dernier, par sa centration, accélère
l’abandon de sa mission prioritaire auprès des demandeurs d’emploi. Ensemble,
ils sont censés répondre aux conséquences de l’abandon de l’AFPA par l’Etat, et
dès 2010, par le non respect de ses engagements par la COMP (Convention
d’Objectifs de Moyens et de Performance), l’AFPA va être en grande difficulté,
Et
comme si cela ne suffisait pas, nous avons noté le 22 décembre que le président
dans son intervention demandait à la direction de faire un effort plus
important, avec le sentiment que le projet stratégique n’avait pas de
conséquences immédiates sur le redressement de l’AFPA. Ce qui provoque des inquiétudes
supplémentaires pour le personnel.
Comment
l’AFPA aura-t-elle les moyens de répondre à des besoins considérables et de
préparer son avenir, tout en subissant un bouleversement complet de ses
organisations, de son fonctionnement et de ses activités, si dans le même temps
on la prive de moyens importants ?
Le
président a déclaré le 22 décembre : « C’est un plan de développement
qui doit être un plan stratégique de toute l’AFPA ». A quoi sert alors de
demander à l’AFPA d’augmenter sa productivité tout en réduisant sa capacité de
production ? Ce sont des objectifs contradictoires.
Sans
compter que la recherche à tout prix de la productivité est incompatible avec la
mission de l’AFPA. Nous formons des femmes et des hommes, nous ne produisons
pas des machines.
A
qui fera-t-on croire que l’AFPA pourra assumer ses missions dans ces
conditions, alors que les besoins sociaux sont immenses et que la formation
professionnelle est devenue un atout majeur pour la vie économique et
sociale ?
L’Etat
« marchandise » l’AFPA, comme beaucoup d’autres services publics. C’est
son choix et nous le condamnons. En agissant ainsi, l’Etat se prive d’un outil
indispensable pour une véritable politique de l’emploi et se tire une balle
dans le pied : qui peut le comprendre ?
L’Etat
« banalise » l’AFPA en la soumettant par le décret du 18 janvier 2010
à agrément pour la délivrance des titres du ministère chargé de l’emploi.
Mais
les besoins restent et personne ne prévoit un marché de la formation et de
qualification en régression dans les prochaines années.
Mesdames,
Messieurs, le personnel est en colère. Il ne comprend pas ces choix, pas plus
qu’il ne comprendra des décisions qui auront pour conséquence la
déstructuration organisée de l’outil de travail, la fermeture d’établissements,
les suppressions d’emplois, l’externalisation de services entiers, la perte de
qualité des prestations, le tout au détriment des usagers.
Toujours
le 22 décembre, une centaine d’élus soutenus par une importante partie des
personnels en grève sont venus interpeller toutes les composantes de la
gouvernance dans le rôle et la mission qu’elles ont. Le personnel ne comprend
pas les décisions du gouvernement qui sont à l’origine des causes que l’on
connait. Le président dans son intervention du même jour a demandé au
représentant de l’Etat comme aux autres composantes qu’ils s’engagent
effectivement dans le redressement de l’AFPA, l’amélioration de son image et
son autorité.
Depuis
sa création, l’AFPA se développe, évolue et se transforme en fonction des
besoins de la société et des missions qui lui sont confiées.
Le
personnel a toujours été conscient du rôle de l’Association et responsable à l’égard
de la place qu’elle occupe dans la société française.
Il
n’a jamais refusé de répondre présent quand les enjeux l’exigeaient, de mettre
son travail, son intelligence et son cœur au service de tous ceux dont les
besoins devraient être prioritaires.
Nous
considérons que l’avis aujourd’hui sur le projet stratégique est prématuré,
d’autant que la procédure d’information consultation du CCE se terminera fin
février et qu’un droit d’alerte étendu à ce projet vous interpellera de nouveau
à sa fin.
Pour
terminer, nous voudrions vous alerter sur la situation inacceptable des
collègues de l’orientation qui vont devoir quitter l’AFPA pour rejoindre
Pôle-emploi et qui quelques semaines avant cette échéance ne savent quelles
seront leurs conditions de reconnaissance, d’accueil et d’activité.